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j ai 33 frs au fond de mes poches trop grandes au fond de mes poches trop grandes j ai senti les pièces qui se bousculent dans mes doigts ce matin quand j ai ouvert mes yeux il y avait ces trente trois francs juste devant moi je ne sais pas ne le saurai jamais et d ailleurs je m en fous pourquoi elles étaient là ni ce qu elles faisaient là comment elles avaient fini là je n y ai pas touché d abord j ai souri une minute je me suis retourné dans le lit après j étais debout j ai enfilé mon slip d hier et mes habits quand j ai regardé dans le miroir j ai vu moi quand je regarde dans le miroir je vois un trou noir trou noir trou noir c est tout ce que je vois puis je me suis allongé sur le canapé et je suis resté là là à regarder le bleu fêlé de mon plafond les journées jusqu à la nuit défilent sur ce plafond bleu fêlé mes yeux ont dû se fatiguer j ai saisi mon cardigan mes trente trois francs et je suis sorti sans claquer la porte dans l ascenseur je me suis dévisagé dans la glace on est forcément méchant quand on est si moche les portes du métro se sont ouvertes encore et encore laissant entendre le martèlement des bonnes gens qui vont travailler les gens ont passé sans vous regarder j ai regardé défiler les stations j ai senti le bout de mes doigts au contact des pièces c était froid j ai deviné les deux pièces de cinq les deux pièces de dix et celle de deux je les ai labourées dans ma main et je me suis senti foutrement seul le métro s est arrêté la moitié du wagon s est barrée et seul un vieux a grimpé il était là devant moi grand mais on voyait qu il était sale que c était un clodo qu il puait l alcool son visage fondu par l acide de l alcool et l acide de tout il n a pas de barbe et ses cheveux longs et d un blanc précoce et pur pourquoi je vous dis tout ça on est pas dans un roman c était pas le premier clodo que je me tapais il m a regardé avec des yeux vides et tellement clairs j avais trente trois francs dans ma poche il a dû entendre le cliquetis des pièces clic clic car il s est approché il m a rien dit et il n a pas fait de longs discours qu usent les autres il m a juste regardé et j ai pas compris j avais toujours trente trois francs j allais les lui donner ou si je veux pas juste une pièce de cinq ou la pièce d un il faut bien vivre bordel ou la pièce de deux j ai senti qu on arrivait bientôt à une station le métro comme un pur sang qu on abat en plein coeur de la course et je savais qu il allait descendre et joindre un autre wagon casse toi vieux con mais pourquoi il s est planté devant moi je n étais pas le seul peut être parce que j ai une sale gueule qu il s y est reconnu je les sens qui me réchauffent la main j ai regardé le clodo qui me regardait encore le métro poursuivait son trajet nocturne j avais le fric dans la paume et il me braquait ses yeux vides et tellement clairs sur les miens qui auraient voulu s échapper peut être la vue de ce type me dégoûtait peut être que je dégoûtais ce clodo finalement il a tendu sa main et d une voix morne il a dit plus à lui qu à moi s il vous plaît et j ai pas entendu la suite alors le métro s est arrêté enfin et je l ai suivi du regard qui s enfonçait quelque chose qui s enfonçait sur le quai noir de parapluies sous le bras et d attachés case et la foule l emporta sur le noir d une des portes automatiques j ai vu mon image déformée et je me suis consolé en me disant que ce n est pas moi je suis sorti du métro le ciel est tellement blanc et mes yeux sont tellement bleus je voudrais juste arrêter de sourire les gens ont glissé comme sur un tapis roulant ça me plaît bien ce que tu as dit sur l amour j ai pas mal bourlingué dans les coins de rue peut être un bon quart d heure je m en veux parce qu aujourd hui je n ai pas assez pensé à toi asphodèle que j ai tuée au péril de ma vie je veux mon dessin alcoolique ouin ouin ouin je veux mon dessin alcoolique aujourd hui j ai appris ton nom par coeur
matin
silencieux
de tes
yeux
réveillés
le t shirt bleu lui a demandé l heure quelle heure il est et puis comme c est un ange elle a dit oui les lampadaires gentlemen ont fait semblant de ne pas te voir je veux te voir jouir dans mes entrailles il n y a plus personne pour t entendre car nous sommes ailleurs vis petit asile psychiatrique vis et survis car j ai l envie de vivre mais les lumières blanches m ont déchiré et je cherche une vaine tentative à me déchirer les veines les gens glissaient petite vie de bureaucrate ne pas hausser le sourcil je suis un ange faites qu ils se taisent faites qu ils se taisent après l amour elle reniflait comme une gosse insupportable je survivrai jusqu à ce soir ce soir sans blague pour les yeux de mon asile psychiatrique je me suis battu une rose dans un champ de bataille parce que mon amour n existe pas ça fait dix sept ans que tes iris se sont couchés dans les ravins du monde dix sept révolutions de la terre j ai beaucoup marché encore dans le creux fin fond des rues alcooliques jusqu à ton infection quelque part au fond dans un coin de mon bus noir de personne je serais caché comme quasimodo te voir sans être vu de nos conversations de salon aux dîners de chandelles tout en excuses on ne récitera pas doucement mes mots morts au creux d une oreille et un sourire obligé mes mots que je brûle avec moi et ma jambe de bois les gens sont des ombres blafardes à qui on a gravé au couteau des rides et un sourire discerne t elle les talons sur le bitume fatigué comme de l eau qui bout qui annonce qu on est lundi c est étrange les gens se mouvaient comme au ralenti comme dans un film muet
deux nuages amoureuxl
a
t
o
u
r
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i
f
f
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lle pont
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n
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se
a
l
je souris sans faire de bruit parce qu ils ne me voient pas les voitures se sont agenouillées devant moi déjà on s affaire surtout qu il fait frisquet alors il fallait que je pleure j ai très bien pleuré plus j ai chiallé et les gens ont ri plus j ai tenté de déchirer en vain mes veines et les gens ont ri et ils ont applaudi ils applaudissent bravo bravo alors je mets mon masque de mickey les nuits noires et blanches sont trop fortes délivre les servants aux abords immédiats des scribes sourcilleux j ai une rage en moi qui veut me détruire en moi qui ne veut rien dire je me sens foutrement seul et je suis petit petit ballade à deux balles bien des fois que tu n es plus là fou que je suis je pense à toi o je me rappelle oui vois tu je me souviens non jamais je ne t oublierai tu étais si belle triste flamme qui s éteint et ton regard mélancolique et rêveur me faisait tant rappeler le rouge des fleurs qui hantent mon jardin secret mais je suis parti et à jamais loin de toi il me semble que c est la nuit et que j ai froid je veux pleurer mais j y arrive pas tout s éloigne quand tu t en vas il y a dans la nuit nos amours que tu sèmes (dis moi) quand est ce qu on pourra se dire je t aime j avais douze ans ba ba ba beu pouvez vous s il vous plaît passer mon poème dans votre journal elle est comme les chats elle mange quand je suis pas là ce n est pas mon visage
c est
un soir
triste soir
dans le trottoir
que je suis tombé
et mon coeur s est brisé
j ai appelé les pompiers
allô personne est arrivé
amertume l eau pleut j ai si froid
je n arrive plus à me relever
je ne sais pas pourquoi les gens rient de moi
c est pas ma faute moi si mon coeur s est briséaprès l amour la morphine a enveloppé son corps muet mais elle sait pas ce que ça veut dire j ai tout gâché alors j ai marché naufrage d un poisson la lune tsigane sous son voile troué effleurée entre les ponts suicidaires et les buildings qui ne vous touchent pas c est en fait parce que nos regrets étaient un mensonge et les nuages que du polystyrène 100% que les anges se sont suicidés remington là où tu disais thème de jeu la rancoeur et le remords de n être pas partis plus tôt ces cons ils en ont foutu partout petit pot de colle uhu et mon sourire est faux comme ton amour j ai marché il y avait une rue j ai marché il y avait qui attendait immobile comme une gamine qu on a comblée de papiers cadeaux et elle n ose parler de peur qu on les lui retire le matin méchant une pute
la pute
la pute la pute la pute la pute la pute la pute la pute la pute la pute la pute la pute la pute la pute la pute la pute
les inconnus
te souviens tu
les inconnus
oui c est vrai que j ai tout perdu
mais que font les anges elle dit
la pute
la puteaujourd hui je n ai vu ni la lune ni elle
l as tu vue ses yeux sont verts même à l intérieur
peut être l aurais tu vue sûrement c est elle
qui recherchait la lune en vain pour qu elle y meure
je suis passé comme sur un tapis roulant les anges sont venus elle dit c est pas trop tôt elle dit pourquoi n être pas venus à mon anniversaire j ai marché très loin thème de jeu je suis loin loin o oui loin loin pour les yeux de mon asile psychiatrique et son anagramme ton nom s écrit comme un visage je m éloigne si elle en a pas trop rien à foutre chaque jour elle attend dans la même rue attendant les mêmes inconnus je la vois assise sur l escalier son sourire qui éclaire ses joues mouillées mais bientôt elle disparaît sous son voile noir et se cache pour pas que je puisse la voir nous jouons souvent à ce jeu d enfants éludant nos regards et puis les relevant le sien est ténébreux et sévère dis moi pourquoi je baisse aussitôt mes paupières et de ta plaie que personne voit je suis né oui la vierge n était qu une prostituée et c est quand les étoiles ont disparu et que dans le noir je ne l ai plus vue c est quand l heure de la nuit vient qu elle baisse la tête et lui tend la main pour que les enfants s en souviennent enfants nous étions deux je suis comme les lumières blanches au fond des rues alcooliques les rues s embrasseront dans le noir
là où elle va
il y a
le soleil
tu ne sauras jamais comment je m appelle ton nom s écrit comme un visage je voudrais tellement m abandonner dans mon sommeil elle s est maintenant confondue avec le mur sec et les dessins fanés sont loin de tout maintenant les dessins lui rentrent dans ses doigts elle assimile le vent lui frippant ses mains mais elle s en fout vif le vent m a pris mon réveil et je crois que je ne dormirai plus jamais parce que je suis orphelin du sommeil que m a pris le vent je voudrais être libre comme un pigeon mort elle ne sait pas il ne faut pas la réveiller à propos de sa toile d étoiles et autres similitudes elle murmure dans un mur de lassitude l amour c est comme quand on fait pipi à deux je l ai traitée de sale pute elle a eu envie d éclater de rire après l amour son nez a dégringolé à la chaplin elle a jamais vu de sa vie un film de chaplin elle pense à quoi d autre et elle sourit sans faire de bruit parce qu ils ne la voient pas elle dit vraiment n importe quoi un poème dyctalographié en forme de ticket resto je me sens coupable de tenir tout cet argent ton nom s écrit comme un visage ta robe légère et légèrement bleu clair enveloppe le doux froid de cette matinée tu es belle tes mains timidement enchaînées et qui se rejoignent là où une fente laisse découvrir par l intuition le creux de ton ventre + tes cheveux couleur comme les mots me maintiennent à l esprit l image bête de juliette attendant dans les bancs de jardin mademoiselle de vérone
(mais qu attend-elle ?)
oui je suis le ramoneur millionnaire et j ai 3,5 millions d étoiles quelque part dans mon nirvana je reste un parasite c est en étant entré ici par effraction que je sais que je me sens inutile après l amour je lui ai dit et si je te quitte elle dit non non de savoir qu elle va bien et je serais là où je suis plus heureux qu aujourd hui car j ai l envie de vivre je voudrais être le seul à pouvoir embrasser tes seins mais je sais que c est impossible avec ma fusée super aérodynamique touche le ciel et disparais il y a les étoiles qui n attendent que toi pour se buter où est mon monde où est mon monde où es tu dans les eaux de mes chiottes mon petit asile psychiatrique est morte je veux que tu me vi
oles
ne sais tu pas ne savais tu pas que je suis fou et mon sourire est faux comme ton amour il y a plus d alcool dans ma lampe à chevet alors j ai allumé un cargo plein d anges suicidés enterrez nous trois petits points et ça veut rien dire du tout le temps qui mène hélas et les navires dans le vaste vaste vaste vaste océan s y reflètent les oiseaux tout s y mire le vent comme la pluie triste est le temps arrive la nuit aux cheveux d ébène lasse dans un murmure dit adieu adieu adieu chante la sirène le soleil doucement ferme les yeux le ciel est si bleu la nuit s achève le temps s envole fragments d illusions tout disparaît avec les rêves cet instant que l instant d après nous oublions le temps qui mène hélas et lénifie dans le vaste océan épars partent les oiseaux tout s y mire triste est le temps tant le temps s enfuit mais que font les anges elle dit j ai trente trois francs salut salope aujourd hui je suis mort salut salut salut salut salope je ne me sens pas bien c est dans mes veines qu est ce que je fous là je me tuerai je suis stupide et je me suis lavé la tête qu est ce que je fous là je me tuerai les rues s embrasse
ront dans le noir me faisait tomber toutes les nuits sur le trottoir j ai déjà oublié où sont mes papiers où sont mes papiers je me tuerai je me tuerai je me tuerai je me tuerai je me tuerai je me tuerai je me tuerai je me tuerai je me tuerai t oublier entends tu les cris de l autiste je pense à mon seul regret de ne pouvoir te voir te voir pleurer non non tu n es pas une pute non tu n es pas une pute le bus est noir de personne deux visages à la russe s amalgament cheveux au vent leurs cheveux se sont noués avec le vent le pigeon mort vous voulez que je vous raconte tout le monde s en fout mais c est pas grave au pied d un arbre il y a eu un pigeon qui est tombé c est un bébé pigeon et il saigne du bec je me suis accroupi après tout j avais rien à foutre alors j ai approché ma main et j ai dit non c est dégueulasse c est plein de sang de pigeon et un pigeon c est dégueulasse le pigeon est mort il était tombé de l arbre le pigeon mort j ai pleuré je me suis forcé à pleurer non non tu n es pas une pute tu n es pas une pute tu n es pas une pute et couché sur mon sperme je regarde le matin ouvre mes veines
ne pleure plus
il ne pleut plus
panse ma plaie
s il te plaît
je n ai plus d encre bleue
des oiseaux comme des sourires voguent dans le bleu blanc du ciel le ciel est blanc mes yeux sont bleus comme une bouée de sauvetage je me cramponne au pont et j ai bien vu l eau tout en bas sous mes pieds j ai sorti les pièces de ma poche trop grande elles ont brillé un peu je les ai tournées en tous sens dans ma paume je les ai jetées j'ai vu voler les pièces comme des soleils au dessus de mes yeux pendant une seconde j'ai cru qu'elles ne tomberaient pas elles sont tombées dans le bleu blanc du ciel muet je vois des cercles solitaires qui vont disparaître je n'ai pas entendu le plouf je vois la lettre que m'écrit la seine la seine cette lettre sans abîme et sans soleil la seine saigne de ses lèvres entrouvertes cette lettre que je t'envoie lettre je suis dans mon coeur il n'y a que du vent je veux mourir dans les océans
Anastasia
écrit de 3 à 5 heures, un matin
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Dernière mise à jour :
Mon Mar 24 10:29:56 CET 2003