- belle vie -
Des fois,
si j'étais mon chat,
j'observerais les mouches
jusqu'à ce qu'elles louchent.
J'apprendrais à voler
à pas mal d'objets.
Je balancerais par terre
les plats réchauffés d'hier.
Je poursuivrais en courant,
pour finalement mordre dedans,
ces bêtes sans oreilles
appelées orteils.
Je me moquerais des voisins
et je chanterais jusqu'au matin.
J'irais régler son compte à l'abruti
qui a osé ranger tous mes outils,
laissés soigneusement éparpillés
un peu partout sur le plancher.
En vue d'un aspirateur,
j'irais me planquer sous le radiateur.
Je regarderais les souris d'un air innocent
avant de leur rentrer dedans.
Je ne me contenterais pas de miettes,
je sauterais dans l'assiette.
Je me lécherais derrière l'oreille,
pour faire pleurer le ciel
et voir tomber ces jouets,
que l'on n'arrive pas à attraper.
J'irais me chercher des genoux
si je me sentais un peu mou,
et j'irais droit au lit
avec celui qui me nourrit,
sans prêter la moindre attention
aux discours d'émancipation.
Nathalie Feld
13.04.1998
|