- sentence -

Quand cette nuit de septembre,
l'infirmière m'a fait comprendre,
que je ne devais pas perdre de temps
parce qu'il était mourant,
je suis allée le voir,
car j'avais du mal à croire,
qu'après une vie passée à boire
il pourrait quitter cette terre
autre part qu'au fond d'un verre.

En face de ce lit blanc
je suis redevenue enfant.
Je me suis souvenue,
des années vécues,
dans la peur du soir
où il fera noir.
Ces instants oubliés,
où il ne voulait qu'un baiser.
J'ai maudit toutes ces nuits,
où il s'approchait de mon lit.
Combien de fois,
malgré moi,
pour le prix d'une bière,
vendue au premier confrère.
J'ai revu cette prison,
dans laquelle j'ai vécu trop longtemps,
incapable d'accepter qu'on me touche,
peu importe le nombre de douches.
Sans pouvoir jamais rien dire,
j'ai passé des années à vomir-
Nausée de toute une vie,
que jamais on n'oublie.

Avant de mourir
il a lâché un soupir
et murmuré tout bas:
pardonne moi.

Et avec un grand sourire
je me suis entendue dire:
Va droit en enfer
mon père.

Mort le 3.09.97,
deux mois avant fin du procès
Nathalie FELD
11.04.1998

   

   

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Nathalie: deborahf@freesurf.fr