Rien ne sert de pleurer.


    Un pont vide,
    Un trottoir opaque.
    Un lampadaire violé,
    Une rivière baignant de solitude
    Reflétant les lumières
    Fuyant les fenêtres avoisinantes.
    Un brouillard enveloppe
    Le clochard absent.
    Le temps s'est figé.
    La calèche n'est pas passée
    Retenue par le verglas
    Ou par le hasard.
    Son ombre ne s'est pas faufilée,
    Les amants ne se sont pas rencontrés;
    Le bonheur ne s'est pas effondré
    Faute d'avoir exister.
    Le temps s'est figé;
    Plus rien ne sert de pleurer
    Pour ce qui serait arrivé.

      Yves Delathouwer

        janvier 1996


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