La nuit est rauque,
Les visages fébriles.
Les rumeurs grondent
Au sein de la ville.
Les mères angoissées
Cloisonnent leurs enfants,
Les hommes excités
Sautillent gaiement.
L'heure approche.
Le maire livide
Regarde ses conseillers
Leur consternation l'effraye.
L'horloge est sans pitié.
Au bout de la rue,
Des panneaux s'amoncellent,
Des barres de fer à la main,
Des cris: "Révolte!".
Des casques bleus font face
Gourdins au poing.
Un homme s'avance...
Un vieillard s'engouffre dans son antre.
Son pantalon suinte la peur.
Les chevaux nerveux
Battent la cadence.
Les fronts fiévreux,
Les lèvres entrouvertes,
Les poings tendus,
Les fesses serrées,
La colère s'installe,
Se répand parmi la foule
(Victime consentante).
Yves Delathouwer
juillet 1996