La brume s'élève
Sur la forêt naissante.
Une légère grisaille persistante
Laisse entrevoir des rêves.
Mes pieds glacés
Se frayent un chemin
A travers boues et marais.
Le présent est si lointain.
Mes poumons dévorent l'air
Où flottent des odeurs étranges,
Parfums pourris d'humanité.
La fatigue m'assiège.
Ma gorge sèche
Râle de désespoir.
Ma langue tangue fébrilement
Aux vagues de ma pensée.
Mes bras se tendent,
Mes genoux s'affaissent.
L'eau m'envahit,
Le froid me paralyse.
Mon oeil se tend vers le ciel.
Mon dos s'éclate sur le sol.
Inconnue victime de l'ennui,
Coupable de désillusion,
Voila ta dernière sentence.
Yves Delathouwer
janvier 1995