Délire de la nuit **


    Si l'âme est venue, elle repartira en vain.
    L'aube s'élève, la folie s'acharne.
    Je mens et viennent les larmes.
    Je prie de dépasser le lendemain.

    Je ne pense qu'a l'aube qui saupoudre
    La nuit de cendres de vermines
    Que rongent les grosses mains froides
    Que je hais et qui m'assassinent.

    Le jour je ne fais que penser
    Pour ne pas cesser d'oublier
    Que je ne peux m'empêcher d'exister.
    Et la nuit s'en va, la nuit fuit...

      Yves Delathouwer

        mars 1993


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