/home/ypatois/prive/html_work/fsurfer/fsurfer/poesie/Rimbaud.AuCabaretVert.html

<- Page précédente Retour à l'index Page suivante ->

Au Cabaret-Vert : cinq heures du soir


Depuis huit jours j'avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi.
- Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
Du beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. - Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

- Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! -
Rieuse, m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.

Arthur Rimbaud


<- Page précédente Retour à l'index Page suivante ->

un balayeur de cette bibliothèque virtuelle : poesie@altespace.org (Garp)
Dernière mise à jour : Tue Jun 27 10:32:20 CEST 2006