Les derniers méandres d'un fleuve
Par feelingsurfer, mardi 23 septembre 2008 à 21:42 :: Politique :: #11 :: rss
Ou comment la structure de la France risque d'être modifiée dans son essence même...
Depuis un an et demi que M. Sarkozy est élu, j'ai l'impression que le double est passé. Trop de choses se sont passées... Je n'arrive même plus à toute les retenir... En tout cas, il me reste une impression générale d'une mise à bas de tout ce qui fait la france, de toute les valeurs de notre république, de tout ce qui fait la fierté de notre peuple.
J'assiste, presque impuissant, à la mise en place d'une sorte de méritocratie où toute personne ne peut avancer qu'au mérite, où le moteur social n'est réduit qu'au mérite et son corollaire, l'argent généré.
Qu'on regarde cet argument du "Travailler plus pour gagner plus" où seuls ceux *pouvant* travailler plus ont la possibilité de gagner plus. Qui le peut ? Qui peut se dire aujourd'hui : "tiens, je vais travailler plus pour gagner plus" ? Un salarié ? encore faut-il que le responsable de la société où il travaille ait la possibilité de le faire travailler plus, ait envie de le faire travailler plus. Un responsable d'entreprise ? Pour l'être, je peux vous dire que je travaille déjà beaucoup et que plus ne me rapportera pas plus. Que dire de cette idée de transformer l'école française en école américaine avec une espèce de cérémonie des diplômes, valorisation pathétique d'égo qui seront broyés dès leur mise sur le marché ? Et de cette idée de rémunérer les meilleurs bacheliers pendant 3 ans ? cela veut dire que ceux qui ne sont pas les meilleurs ne sont bons à rien ? qu'ils ne peuvent pas bénéficier aussi de ces choses là ? qu'ils doivent être laissés de côté ?
Quelque chose est pourri dans ce système, quelque chose d'injuste, de faux. Lorsque l'on regarde, au final, ce qui se passe, on se rend compte que seuls les plus riches financièrement semblent les plus méritants, et que ce sont eux qui au final sont les plus protégés, préservés.
Petit à petit, tout est cassé en france. Toute la justice qui a permis à tous d'être traité de la même manière qu'un autre est en train d'être jeté à terre, balayé par les chimères d'un monde rongé par l'envie et l'avidité. Tout le lien social est détricoté pour rendre chacun plus faible que dans la solidarité. Et tout cela en empêchant par la suite la possibilité de le reconstruire. Car cette reconstruction coûterait de l'argent, nécessairement. Mais actuellement tout est fait pour que cet argent manque lorsque nous en aurons besoin.
A dire vrai, j'en ai assez de tous les radicalismes, de tout ces partis-pris, de tous ces "j'ai raison, en face, ils ont tort". Je n'arrive plus à croire à un monde aussi simpliste, aussi manichéen.. J'ai l'impression d'une oscillation perpétuelle autour d'un point d'équilibre sans que jamais le calme et la sérénité ne s'installe ni ne préside à la bonne marche de ce pays. Si je peux parfois me permettre de crier ou de faire la fête ou des folies, c'est parce que je repose sur une base sereine et stable. Sinon, c'est de l'inconscience. Ce n'est plus de la politique, c'est être apprenti-sorcier.
Je ne crois plus non plus aux sirènes d'une gauche toute en hypocrisie, dont la motivation principale n'est même pas de casser la france, mais simplement de servir ses propres intérêts, dans un nombrilisme aveugle. Le désoeuvrement de ses dirigeants, cette hypocrisie de cette extrême gauche dont les propositions semblent si démagogiques et irréalistes.
La seule chose que j'observe en ce moment, c'est un affrontement des français, montés les un contre les autres au seul principe du pour ou contre sarkozy, du pour ou contre la gauche, de ces caricatures de politiques ramenées de manière éhontée à : la droite c'est les salauds qui ne pensent qu'au fric et aux riches et la gauche c'est l'Etat qui vous sauvera.
On ne dit plus aujourd'hui ses idées politiques ou ses idées économiques, on dit je suis de droite ou je suis de gauche. et ce n'est plus que le seul critère. Aujourd'hui, j'ai l'impression que si on exprimait ses idées politiques, ses propres idées, sans savoir si untel ou untel est de droite ou de gauche, alors on verrait, je pense parmi les français une grande convergence qui mélangerait droite et gauche dans un bel ensemble. Et tout serait peut être bousculé. Enfin.
Un orage gronde au dessus du fleuce france. Pas un petit, non, un gros un qui fait mal, un qui laisse des traces. Les idéologies sont en passe d'être battues en brèche, d'être jetées aux orties. Je pense que la politique en france va subir un grand changement, lorsqu'enfin les français se laisseront aller, malgré la volonté de les étouffer en les prenant à la gorge financièrement.
Ce sera dur, très dur, de reconstruire après que tout aura été détruit. Mais alors, nous aurons encore plus d'expérience. Et nous saurons ce qu'il ne faut plus faire.
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