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De la mémoire et de son poids

Tout récemment, notre ChairPrésident a émis le souhait de voir chaque enfant de CM2 porter la "mémoire" d'un enfant juif mort lors de la Shoah.

Devoir se souvenir des choses, je n'ai rien contre. La mémoire fait que nous ne faisons pas les mêmes erreurs, que nous pouvons éviter des situations.

Que des enfants doivent porter le souvenir d'un mort, ça me perturbe un peu. Ils sont l'avenir de notre société et nous les tournons déjà vers la mort. Bien que le culte des morts soit le témoin d'une civilisation, je ne pense pas que cela participe, lorsque c'est imposé, à l'épanouissement d'un enfant.

Ensuite, et c'est peut être ce qui me choque le plus, j'ai l'impression d'y retrouver là un écho à ce sentiment d'hyper culte des morts présent chez les américains. J'y vois là cette sorte de "culte mortifère" souvent observé chez les américains - les morts au vietnam, l'énonciation des noms des victimes du 11 septembre et toute sorte de commémorations où les morts et leurs noms sont répétés, ad nauséam.

La mort me semble quelque chose d'intime, qui doit rester, autant que faire se peut, dans un cercle familial ou amical proche. Elle prend sa valeur à l'aune du manque qu'elle peut provoquer chez les personnes proches du ou de la défunte. Mais comment faire comprendre, appréhender, ressentir l'absence d'un enfant à un autre enfant ?

En ayant entendu Nicolas Sarkozy proposer cela, j'y ai vu à la fois une nouvelle étape dans l'américanisation de notre société (dans son mode de vie, dans ses valeurs, ...) mais également une sorte d'écran de fumée... MAis je ne sais pas ce qu'il veut cacher... alors...

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Le passé n'est pas au présent

Il y a une chose que j'observe depuis de nombreuses années et qui m'horripile. C'est cette manie qu'ont "des gens" de ressortir le passé d'untel ou d'untel, ou, pour être plus précis, leurs paroles.

Sur la base de ces paroles, ils en concluent - du moins veulent en faire conclure - que les paroles du passé sont en fait la face cachée de la personne d'aujourd'hui. J'en veux pour exemple cet article La Lettre de Rachida Dati. Cet exemple n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan de ces "procès".

Lorsque ces précisions sur le passé de telle ou telle personne sont exprimées, elles sont "laissées à votre appréciation". Mais elles ont clairement l'intention de nuire, de faire comprendre que la personne aujourd'hui devant nous se renie, qu'elle a changé d'avis, qu'elle n'est pas fiable ni cohérente, etc...

Et ça m'exaspère au plus haut point. Tout d'abord parce que le changement fait partie de la nature humaine. Entre la rebelle adolescence, la fougueuse jeunesse, l'enthousiasme adulte et la sagesse de l'âge, il n'est de constance, d'immuabilité. J'ai pensé rouge au début, je pense orange aujourd'hui et pourquoi pas bleu demain ? J'ai dit un jour préférer la république à la démocratie ? Eh bien aujourd'hui je dis que je ne conçois l'une sans l'autre parce qu'elles me semblent indissociables dans le pays dans lequel je veux vivre.

Quoiqu'il en soit, faire le procès de quelqu'un sur des paroles passées sans prendre en compte que la personne est au présent, c'est, je trouve, lui manquer de respect. Même si je n'apprécie pas la ministre Dati, si je n'apprécie pas ses méthodes, je déteste qu'on lui fasse une sorte de procès, parce qu'un jour elle a dit telle chose, alors elle doit toujours penser la même chose, 25 ans après.

Je suggère, ami lecteur(trice), que vous alliez faire un tour ici Sémantique Générale (Wikipedia) et là Société Européenne de Sémantique Générale et là : Institut de Sémantique Générale.